[Microinsurancefocus] Le marché de la micro-assurance s'organise sur fond de montée du chômage

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Thu Jun 4 14:07:43 CEST 2009


Article in French about microinsurance in France - ADIE

Le Monde, 4 June 2009

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Le marché de la micro-assurance s'organise sur fond de montée du chômage
 <http://global.factiva.com/redir/default.aspx?p=sta&ep=AE&an=LEMOND0020090603e5640001t&fid=300327246&cat=a&aid=9JOI000500&ns=53&fn=Factiva%20-%20French&ft=g&OD=V2AUbjNaqd6b6yKMegonfnoY9oOdATkhWR19knPBTvmljPNVjs%2fEl5nw%3d%3d%7c2> http://global.factiva.com/redir/default.aspx?p=sta&ep=AE&an=LEMOND0020090603e5640001t&fid=300327246&cat=a&aid=9JOI000500&ns=53&fn=Factiva%20-%20French&ft=g&OD=V2AUbjNaqd6b6yKMegonfnoY9oOdATkhWR19knPBTvmljPNVjs%2fEl5nw%3d%3d%7c2
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4 Juin 2009
Le Monde
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Français
(c) Le Monde, 2009.

Cette couverture professionnelle proposée aux petites entreprises est deux fois moins chère qu'une offre traditionnelle

On connaissait le microcrédit, cette forme de prêts permettant aux exclus sociaux de créer leur entreprise, popularisée en 2006 par le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus. Voici qu'arrive la micro-assurance. Les assureurs Axa et Macif ont annoncé, mercredi 3 juin, la généralisation à tout le territoire d'une offre de micro-assurance développée avec l'ADIE, le principal bailleur de microcrédits en France.

Testée dans cinq régions pilotes (Ile-de-France, Poitou Charentes, Midi Pyrénées, Aquitaine et Limousin), elle a permis, en deux ans, à 800 " petits " entrepreneurs, touchant pour la plupart les minima sociaux, et n'ayant pas les moyens d'accéder aux assurances traditionnelles, d'obtenir une couverture professionnelle. Un tiers d'entre eux perçoivent le revenu minimum d'insertion (RMI), 23 % l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

A ce jour, deux systèmes de micro-assurance se partagent le marché, celui du trio AXA-Macif-Adie et celui de la fondation Entrepreneurs de la Cité (April, AG2R-La Mondiale, CNP, CFDP Assurances, Matmut et La Banque Postale). Toutes deux fonctionnent sous forme de " pack " (pack " je me lance " et " je m'installe " chez les uns, " trousse première assurance " chez les autres). Ils coûtent en moyenne deux fois moins cher qu'une assurance traditionnelle.

Selon une étude de l'ADIE-ESSEC, 20 % des " micro-entrepreneurs ", anciens chômeurs ou bénéficiaires du RMI, ne peuvent pas accéder à une couverture d'assurance et 40 % n'ont pas pensé à s'assurer ou n'ont pas jugé cela utile. Or, " 6,5 % des assurés ont déclaré un sinistre moins de 6 mois après la création de leur entreprise. Comme les premiers mois sont les plus difficiles, 2 000 euros de sinistre, c'est parfois la clé sous la porte ", relève Carole Ringaud, directrice de la fondation Entrepreneurs de la Cité.

Pour les " jeunes " chefs d'entreprise, la micro-assurance doit permettre, au bout de trois ou quatre ans, d'accéder à l'assurance traditionnelle. " Il faut qu'ils aient fait valider leur projet par des réseaux d'aide à la création d'entreprise, précise Mme Ringaud. Et qu'ils aient obtenu un financement autre que familial (micro-crédit, prêt bancaire, subvention...), afin que nous maîtrisions le risque. "

Encore restreint, avec seulement 1 600 contrats et un potentiel de 100 000, le marché de la micro-assurance pourrait vite s'étendre du fait de la crise économique. Le sujet est sensible. Il côtoie le thème de la pauvreté. " Les assureurs ont tendance à se retirer de certains quartiers populaires ou à y proposer des tarifs très élevés. Dès qu'il s'agit de traiter la pauvreté, on considère qu'il s'agit de la responsabilité de l'Etat. Chacun se renvoie la balle ", estime le consultant Marc Nabeth.

La forte croissance du microcrédit, depuis qu'a éclaté la crise, montre qu'il existe une demande croissante pour des circuits alternatifs de financement. L'ADIE a accordé 10 000 prêts en 2007, 13 000 en 2008. Elle en prévoit 20 000 cette année. " La combinaison de la crise et du nouveau statut de l'auto-entrepreneur se traduit par un nombre faramineux de créations d'entreprise depuis le début de l'année ", constate Maria Nowak, sa présidente. Pour accélérer son développement, l'association, financée par les banques, se tourne vers l'Etat. Elle négocie avec le Trésor, pour obtenir une ligne de crédit à trois ou cinq ans auprès de la Caisse des dépôts.

Mais la crise devrait augmenter les risques de défaut de paiement. " Nous sommes bien armés, car le microcrédit, ce n'est pas du surendettement. Les emprunteurs créent de la valeur ! ", fait valoir Mme Nowak. Le taux d'impayés n'est que de 6,5 % aujourd'hui.

Anne Michel et Cécile Prudhomme






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